La souveraineté numérique : révolution du siècle

La souveraineté numérique : révolution du siècle

souveraineté européenne

La plupart des activités humaines sont en processus de digitalisation et sont régies par des technologies détenues par les géants du numérique. Le monopole exercé par les GAFAM et BATX concurrence le pouvoir des États. Ces multinationales règnent sur l’espace numérique mondial et possèdent un pouvoir incontestable. Aujourd’hui, les États doivent garantir une juste concurrence et s’imposer face aux entreprises privées grâce à la souveraineté numérique.

Protéger l’Europe face au monopole des géants du web

Les géants du web américains et chinois : la course aux données personnelles

L’avènement du numérique de masse a rapidement placé les multinationales américaines et chinoises en situation monopolistique. Les géants du web américains, (Google, Apple, Facebook, et Microsoft), et chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) profitent de leur notoriété et de leur succès auprès de leurs utilisateurs pour collecter le plus de données possible, balayant d’un revers de la main la protection des données personnelles au profit de la collecte de données commerciales. En Europe, la confidentialité et la protection des données sont des valeurs très ancrées, alors qu’à l’inverse aux États-Unis et en Chine, celles-ci représentent une manne financière.

Une initiative franco-allemande prometteuse

Dans l’optique d’une défense de souveraineté numérique européenne, une initiative de cloud franco-allemand a été mise en place.  Il s’agit de Gaia-X, lancé dans le but d’offrir une alternative européenne face aux solutions proposées par Google, Microsoft ou encore Amazon. Ce nouveau cloud est une entité de gouvernance qui s’appuie sur les principes de sécurité et d’interopérabilité des données. Sa particularité réside dans les règles et attributs définis en amont qu’il est obligatoire de respecter pour intégrer le projet. Gaia-X se veut être une entité décentralisée qui fédère les fournisseurs de services ainsi que les infrastructures déjà existantes.

De nouvelles règles européennes pour rétablir une juste concurrence

Au fil des années, les géants du web ont affirmé leur position et développé leur monopole, laissant peu de place à la concurrence. Une situation que l’Union européenne a décidé de désamorcer. En décembre 2020, la Commission européenne a dévoilé son plan pour réguler les géants du numérique. Deux nouveaux règlements ont alors vu le jour : le Digital Service Act (DSA) et le Digital Market Act (DMA) qui contrôlent les contenus mis en ligne. Une dizaine d’entreprises, parmi lesquelles les GAFAM se verront imposer une liste de restrictions et d’obligations à respecter sur le sol européen. Ces interdits concernent principalement la protection des données personnelles, ainsi que la lutte contre la contrefaçon et la criminalité, et ce dans le but de rétablir une juste concurrence pour chacun des acteurs et protéger les utilisateurs.

L’Europe encadre et protège les données sensibles de ses citoyens

Augmenter la compétitivité numérique européenne

Afin d’asseoir sa compétitivité dans le secteur digital, l’Europe doit miser sur une infrastructure pouvant soutenir sa croissance. Renforcer la souveraineté numérique européenne peut être la clé de cette évolution. Il s’agit alors de continuer son développement numérique en se calquant sur le rythme d’évolution des technologies de pointe comme la blockchain. En outre, la crise sanitaire de la Covid-19 a démontré qu’il était essentiel d’avoir une unité européenne digitale, assurant une confiance entre les différents acteurs.

Sécuriser notre système de santé

Une gouvernance sécurisée des données des citoyens apportera un avantage considérable au secteur de la santé. En effet, 80% des européens sont prêts à dématérialiser leurs données de santé si leur vie privée est assurée d’être protégée. La gestion et l’accès aux données médicales peuvent être simplifiés et automatisés en toute sécurité grâce à la décentralisation. De surcroît, les laboratoires de recherche européens peuvent échanger entre eux des informations confidentielles de manière sécurisée.

La mise en marche d’une transition énergétique européenne

L’objectif est de maîtriser notre consommation d’énergie afin de permettre à nos contemporains et générations futures d’en profiter également. La transition énergétique passe par l’utilisation d’énergies renouvelables, plus intelligentes et durables. L’utilisation de la blockchain dans ce processus de suivi et de régulation pourrait accompagner l’Union européenne dans sa transition énergétique. Cette technologie garantit l’origine de l’énergie et certifie les consommations. Elle digitalise et décentralise également les réseaux d’énergie pour une gestion plus simple et efficace.

Stratégie européenne : entre réglementation et technologie de pointe

La data : l’or noir du 21ème siècle

Nos données personnelles sont partout. En effet, elles sont exposées aux géants du numérique qui les collectent, les consomment et les valorisent économiquement. Il est primordial de construire une stratégie de souveraineté numérique pour protéger la vie privée des utilisateurs. Ce n’est pas moins de 500 millions d’européens qui sont ciblés par la collecte de leurs données. Au regard des enjeux colossaux qu’implique cette récupération, une stratégie européenne devient impérative.

La protection des données garantie par le RGPD

La protection des données personnelles est devenue de plus en plus urgente avec l’omniprésence des réseaux sociaux et plus largement du numérique. C’est pour cette raison qu’en 2018 le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est entré en vigueur. Il offre un cadre commun à tous les États-membres, dans lequel les droits des citoyens y sont renforcés et leurs données davantage protégées. Les GAFAM et les BATX sont depuis lors contraints de changer leur façon de collecter les données pour continuer à offrir leurs services aux usagers européens.

La blockchain, fer de lance de la gouvernance de nos données

La gouvernance des données est un sujet sensible auquel il est pertinent de répondre, autant pour nos citoyens que pour nos entreprises. Il convient de continuer sur la lancée du RGPD. La blockchain offre un modèle décentralisé défini par les utilisateurs et non plus par des intermédiaires. Grâce à cette technologie, les utilisateurs s’approprient pleinement leurs données : les entreprises, retrouvent un contrôle de leurs données commerciales et les citoyens la sécurité de leur vie privée.

La montée en puissance des géants du numérique, grâce à la digitalisation de notre société et des nouvelles technologies, a mis en exergue le besoin imminent d’une souveraineté numérique nationale et européenne. Les États-membres et les entreprises européennes doivent s’unir pour représenter le poids économique nécessaire afin de lutter contre l’ingérence des multinationales américaines et chinoises. La blockchain facilite cette indépendance à travers son caractère décentralisé, autonome et consensuel.

Sources : Usine digitale et Les echos.

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